Les équipes infra passent encore trop de temps sur des tâches répétitives : déployer une configuration sur 200 serveurs, maintenir la cohérence d’un parc hétérogène, orchestrer des mises en production complexes… Eh bien, Ansible, le gestionnaire de configuration open source, a précisément été conçu pour répondre à ce problème !
Mais qu’est-ce qu’Ansible exactement ? D’où vient-il ? Et pourquoi s’impose-t-il aujourd’hui dans les SI les plus exigeants ?

L’histoire du projet Ansible
Ansible naît en 2012 de l’imagination de Michael DeHaan, développeur américain aguerri. Il travaillait auparavant sur des projets open source comme Cobbler et Func chez Red Hat. Il connaît donc bien les douleurs des équipes système !
Son constat est simple : les outils d’automatisation existants sont puissants mais trop complexes à utiliser, trop lourds à déployer et trop longs à maîtriser.
Il fonde alors AnsibleWorks, inc. (qui deviendra Ansible, inc.) en 2013, accompagné de Said Ziouani et Timothy Gerla. La société lève 6 millions de dollars de façon à industrialiser la solution.
En octobre 2015, Red Hat rachète Ansible, inc. pour 150 millions de dollars et la solution rejoint l’écosystème Red Hat, puis celui d’IBM lors du rachat de Red Hat en 2019.
Aujourd’hui, Ansible est distribué sous licence GPLv3 et sa version stable actuelle est ansible-core 2.20.x (mars 2026).
- Le saviez-vous ?
Le nom « Ansible » est emprunté à la romancière Ursula K. Le Guin, qui l’a utilisé dans son roman Rocannon’s World (1966) pour désigner un système de communication instantanée. Une métaphore parfaite pour un outil destiné à coordonner des systèmes à grande échelle !
Mais Ansible, c’est quoi ?
C’est un gestionnaire de configuration, un outil de provisioning et d’orchestration. En d’autres termes, il automatise les tâches répétitives sur des serveurs, des équipements réseau, des environnements cloud ou des conteneurs.
Il repose sur trois concepts fondamentaux :
- Les playbooks : des fichiers YAML lisibles par un humain décrivant l’état souhaité du système. Un administrateur peut ainsi comprendre ce que fait un playbook sans être développeur.
- L’inventaire : la liste des machines à piloter. Elle peut être statique (fichier texte) ou bien dynamique (depuis AWS, Azure, un outil de CMDB…).
- Les modules : des briques prêtes à l’emploi pour interagir avec des systèmes, des services ou des APIs. Il en existe plusieurs milliers dans la communauté !
Les avantages fonctionnels d’Ansible pour le SI
Une architecture sans agent
C’est l’atout numéro un d’Ansible. Contrairement à Puppet ou Chef, Ansible ne nécessite aucun agent sur les machines cibles : il utilise uniquement SSH (Linux/Unix) ou WinRM (Windows).
En bref : le déploiement est immédiat. Pas de bootstrap, pas de port supplémentaire à ouvrir et pas de surface d’attaque élargie !
Une prise en main rapide
Ansible est écrit en Python et utilise YAML, deux technologies largement répandues. Un administrateur système peut donc écrire son premier playbook fonctionnel en moins d’une heure !
C’est précisément ce que recherchait DeHaan : rendre l’automatisation accessible à tous, pas seulement aux développeurs.
L’idempotence : un SI toujours dans l’état attendu
Ansible est idempotent. Concrètement, cela signifie qu’appliquer plusieurs fois le même playbook produit toujours le même résultat : si la configuration est déjà en place, Ansible ne fait rien.
C’est une garantie de stabilité essentielle en production.
Un gestionnaire de configuration adapté aux environnements hybrides
Ansible pilote aussi bien des serveurs bare-metal que des VMs, des conteneurs, des équipements réseau (Cisco, Juniper…) ou des ressources cloud (AWS, Azure, GCP). Il s’intègre nativement avec Kubernetes, Docker, VMware, OpenStack et bien d’autres.
C’est donc un gestionnaire de configuration universel, parfaitement adapté aux SI modernes et hybrides.
L’orchestration de déploiements complexes
Au-delà de la simple configuration, Ansible orchestre des scénarios complets. Il gère par exemple des mises à jour sans interruption de service (rolling updates) en retirant progressivement les nœuds d’un load balancer, en les mettant à jour, puis en les réintégrant.
Cette capacité est particulièrement précieuse pour les environnements critiques.
La sécurité et l’auditabilité
Ansible s’appuie sur SSH, un protocole sécurisé et éprouvé. Les playbooks sont des fichiers texte versionnables dans Git. Chaque modification est donc tracée, réversible et auditable.
C’est donc un avantage considérable dans les contextes réglementaires (ISO 27001, HDS, PCI-DSS…).
Ansible Automation Platform : la version entreprise
Red Hat propose Ansible Automation Platform (AAP), la version commerciale et enrichie d’Ansible. Elle intègre notamment :
- Automation controller (ex-Ansible Tower) : une interface web pour gérer, planifier et déléguer l’exécution des playbooks
- Automation Hub : un référentiel centralisé de collections certifiées
- Event-Driven Ansible : pour déclencher des automatisations en réponse à des événements SI en temps réel
Ces fonctionnalités font d’AAP un véritable gestionnaire de configuration de niveau entreprise.
Une communauté et un écosystème massifs
Ansible dispose enfin de l’une des communautés open source les plus actives au monde ! Des milliers de collections et de rôles sont ainsi disponibles sur Ansible Galaxy, couvrant quasiment tous les usages.
Cette richesse réduit considérablement le temps de développement des automatisations.
Ansible et l’Infrastructure as Code
Ansible s’inscrit naturellement dans une démarche Infrastructure as Code (IaC). Il complète des outils comme Terraform (provisioning) en prenant en charge la configuration des ressources une fois créées.
Ensemble, ils forment un duo puissant pour gérer l’intégralité du cycle de vie d’une infrastructure, du provisioning jusqu’à la mise en production.
Par ailleurs, la solution s’intègre dans les pipelines CI/CD : GitLab CI, Jenkins, GitHub Actions… Les déploiements applicatifs deviennent ainsi reproductibles, fiables et entièrement automatisés !
Ansible + AWX + Git : l’infrastructure toujours à jour !
Ansible automatise… Mais qui s’assure que les configurations restent cohérentes dans le temps ?
C’est précisément là qu’AWX entre en jeu. AWX, c’est la version communautaire et open source d’Ansible Tower. Il s’agit de l’ordonnanceur officiel du projet Ansible, sur lequel Red Hat s’appuie pour développer l’Automation Controller.
Combiné à Ansible et à un dépôt Git, AWX orchestre l’exécution des playbooks en s’appuyant sur les configurations versionnées.
Résultat : chaque serveur reflète exactement ce qui est défini dans le dépôt. Toute dérive de configuration est ainsi détectée et corrigée automatiquement. C’est le principe du GitOps appliqué à l’infrastructure !
- La remédiation automatisée avec Canopsis
Ce trio AWX + Ansible + Git prend encore plus de sens quand on l’associe à une plateforme d’hypervision comme Canopsis. En effet, Canopsis ne se contente pas de superviser et de corréler les alertes, il peut également déclencher des actions de remédiation automatique en réponse à un incident détecté.
Concrètement, lorsque Canopsis identifie une anomalie, il sollicite directement AWX ou un ordonnanceur comme Rundeck pour lancer le playbook Ansible approprié.
Le système se corrige donc de lui-même, sans intervention humaine. Les équipes se concentrent sur les vrais problèmes, pas sur les tâches répétitives.
C’est la promesse de l’AIOps open source : hypervision intelligente, automatisation et remédiation, entièrement maîtrisés par vos équipes.
Capensis, votre partenaire expert Ansible
Pour conclure, maîtriser Ansible dans toute sa profondeur demande de l’expérience. Écrire des playbooks robustes, structurer ses rôles, gérer les secrets avec Ansible Vault, intégrer Ansible dans un pipeline CI/CD ou déployer Ansible Automation Platform… Ce sont effectivement des sujets qui nécessitent du recul et de la pratique.
C’est précisément là que Capensis intervient. Spécialiste des infrastructures open source depuis plus de 20 ans, Capensis accompagne les entreprises et organisations publiques à chaque étape de leur projet :
- Audit et conseil : analyse de l’existant, identification des tâches automatisables, définition de l’architecture cible
- Développement de playbooks et de rôles : écriture de code Ansible maintenable, structuré et documenté
- Déploiement d’AAP : installation, configuration et intégration avec vos outils ITSM et CI/CD
- Maintien en condition opérationnelle : TMA, mise à jour, optimisation et gestion des incidents
- Formation : montée en compétences des équipes internes sur Ansible et les bonnes pratiques IaC
Que vous souhaitiez automatiser vos premières tâches ou industrialiser entièrement votre SI, Capensis vous apporte l’expertise et la proximité nécessaires. Contactez-nous pour échanger sur votre projet !
