Le 25 août 1991, un jeune étudiant en informatique finlandais, Linus Torvalds, publiait un message devenu historique sur un forum de discussion. Il y annonçait travailler sur un petit projet de système d’exploitation « juste pour le plaisir », destiné aux passionnés. Ce projet, baptisé Linux, allait rapidement dépasser toutes les attentes !

Trente-quatre ans plus tard, il est devenu la pierre angulaire de l’infrastructure numérique mondiale. A l’occasion de l’anniversaire de sa création, voici un retour sur les dates clés de l’histoire de Linux.

1992 – Le choix de la licence libre

En 1992, Linus Torvalds place Linux sous licence GNU GPL, permettant ainsi son intégration avec les outils du projet GNU. Ce choix favorise l’émergence d’une communauté mondiale de contributeurs. Sa première distribution, MCC Interim Linux, voit d’ailleurs le jour en février de cette année.

1994 – Première version de Linux stable

Le noyau Linux 1.0 sort en mars 1994. Il supporte TCP/IP, indispensable pour l’essor d’Internet, et ne fonctionne que sur architecture x86. C’est la première étape de son industrialisation ! Les éditeurs Red Hat et SUSE publient eux-aussi la version 1.0 de leurs distributions commerciales respectives.

1996 – Multiprocesseur et Tux

Avec la version 2.0, sorti en 1996, le noyau prend en charge le multiprocesseur (SMP) et d’autres architectures. Cette année-là, Tux, le manchot, devient également la mascotte officielle du projet.

2001 – Linux 2.4 et l’USB

Publiée en janvier 2001, la version 2.4 introduit la prise en charge de l’USB, du RAID et de nouvelles architectures. Linux gagne donc en robustesse et commence à s’imposer dans le monde des serveurs.

2003–2010 – Modularité et sécurité

Avec la série 2.6, Linux devient pleinement modulaire tout en renforçant la sécurité et les performances, grâce à l’intégration de fonctionnalités avancées comme le Completely Fair Scheduler (2007) et SELinux.

2015 – Mises à jour à chaud

La sortie de la version 4.0 marque l’arrivée du « live patching ». Cette fonctionnalité permet en effet d’appliquer des correctifs sans redémarrage, une avancée cruciale pour les systèmes critiques.

2017: Linux au top du Top 500 des supercalculateurs

En novembre 2017, une étape historique est franchie : pour la première fois, les 500 supercalculateurs les plus puissants du monde fonctionnent exclusivement sous Linux. Ce constat provient du classement TOP500, qui recense deux fois par an les plus grandes machines de calcul haute performance au niveau mondial.

2024 – Nouveaux systèmes de fichiers et temps réel

En janvier 2024, le noyau 6.7 intègre Bcachefs, un système de fichiers moderne comparable à ZFS. À la suite de plusieurs différents entre le lead développeur du projet, Kent Overstreet, et Linus Torvalds, ce dernier a tout bonnement supprimé le support de Bcachefs de la version 6.17.

Si Linus Torvalds est toujours autant investi dans la qualité et la stabilité du noyau Linux, il est de plus en plus critiqué quant à son style de gestion (et de communication) parfois jugé agressif.

Mais revenons en 2024 avec la version 6.12 ! La grande nouveauté est que Linux devient utilisable en temps réel grâce à la fusion du patch PREEMPT_RT. Cette avancée ouvre ainsi la voie à une adoption massive dans les systèmes à haute criticité, où la prévisibilité est aussi importante que la performance brute.

2025 – Nettoyage du code Linux

Les développeurs envisagent de retirer le support des processeurs i486/i586 afin d’alléger le noyau et de se concentrer sur des architectures modernes comme ARM et RISC-V.

En 2025, on estime enfin qu’il existe plus de 600 distributions Linux, avec entre 300 et 500 d’entre elles encore activement maintenues. Ce large éventail reflète la vitalité et la diversité de l’écosystème Linux, fruit de la liberté d’adaptation offerte par l’Open Source.

Pour conclure

En 34 ans, Linux est donc passé d’un hobby étudiant à l’infrastructure numérique la plus répandue au monde. Présent dans les smartphones Android, les supercalculateurs, les serveurs cloud et l’embarqué, il est un exemple unique de réussite collective fondée sur l’Open Source.

Sources :